A+ A A-

Raimon de Miraval: "Faux Bouclier " (La 'Male Chanson' contre Azalaïs de Boissézon)

 RdeMiraRaimon de Miraval: "Faux Bouclier

(La 'Male Chanson' contre Azalaïs de Boissézon) 

 Texte de référence pour la création du spectacle.

En projet de composition musicale pour Crozada d’Uei.

Traduction de  Patrick Hutchinson.

 

Je ferai une chansonnette, vaincu

Puisqu'elle m'a donné la gale,

Et sachez, depuis qu'on s'est vu,

Que nos rangs se sont augmentés

D'un nouvel heureux, que tout le monde étale

Combien « Sa Seigneurie » à fière mine !

Maintenant sais que les pierres d'Alzonne

Se toucheront, quand richesse entre premier.

 

Si j'en ai eu joie entière

A l'heure je veux en être pur,

Car pour le nom de cornard

Ne veux de Byzance l'Empire.

J'aime une autre qui mieux récompense

Avec ses seules paroles que celle que je perds;

C'est à tort qu'on excuse le faux amour

Et une dame déchoit qui se renie pour de l'argent.

  

Lui aurait fait d'autres cadeaux

Qui lui auraient valu tant

Ou plus, mais elle n'aime pas les chants,

Elle s'en plaindrait bien plutôt

En disant que je fais trop parler d'elle

Qu'elle préfère ne pas être connue si loin

Il lui vaudrait mieux être en enfer

Que de vendre sa beauté en la faussant.

 

A « Fous-moi dehors » je la confie,

Je n'en veux plus aucune part,

Je ne lui connais même plus de tort

A part celui qu'elle fit à Mon Audiart* :

Aï ! Faux bouclier, qui se laissa fendre

Si vite que nul n'oserait s'y abriter,

J'ai à coeur de te le faire cher payer.

Si je t'ai exaltée, je te ferai descendre.

 

Ai Las ! Comme je meurs de désir

Pour la belle qui sans malice

Vit, parfaite, sans artifice,

Et n’aimerait jamais un vil bâtard.

Si seulement elle veut accorder son coeur

Au mien, tout autre joys en serait moindre,

Et si d’un baiser elle veut me faire le don,

Point sera besoin de venir me prendre.

 

Chanson, va-t-en à mon Plus Loyal**,

Dis-lui que j’en sais une qui est à vendre.

 

*Senhal du comte Raimond VI de Toulouse
**Senhal d'une dame inconnue