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Glossaire Crozada d'Uei

 

Bataille de Muret : le 12 Septembre 1213, au sud-ouest de Toulouse, étonnante défaite en rase campagne de l’alliance catalano-toulousaine en surnombre face aux croisés de Simon de Montfort. Mort du roi Pierre II d’Aragon. Effet de basculement des rapports de force dans le sud de l’Europe.

 

Trobar : le ‘trouver’ ou ‘inventio’, art étonnamment libre et virtuose de création formelle et poétique des ‘trobadors’ , premiers créateurs poétique en langue non-latine (qui s’appelaient ainsi sans doute pour se distinguer des ‘paraphraseurs’ – à l’époque de la scolastique la fonction de la poésie s’était effectivement restreinte jusqu’à n’être plus qu’une des formes de l’exercice de la paraphrase et le titre même de ‘poète’, réintroduit à la Renaissance, avait alors disparu)

 

Tomier e-n Palaizi : deux chevaliers urbains, peut-être frères, de la ville de Tarascon, qui autour de 1226 écrivirent à quatre mains au moins deux ‘serventes’ (chansons engagés ou de ‘service’) incendiaires contre ‘li frances’, mais surtout contre la politique théocratique des clercs (prélats) appuyée par Rome et sa Croisade ‘détournée’. Depuis lors, on n’a plus eu de leurs nouvelles. Certainement des ‘slammeurs’ avant la lettre…

 

Vitifundia : néologisme rêveur fait d’une superposition des deux vocables ‘Viticole’ et ‘Latifundia’, pour caractériser quelques uns de ces vastes domaines du XIXème siècle exploitant de très grandes surfaces viticoles que l’on peut encore entrevoir en Languedoc ( par exemple depuis l’autoroute A9)

 

Homps : ville homonyme d’une autre en Syrie, située sur la N9 entre Capestang et Carcassonne

 

Toulouse, Cabaret, Saissac, Fanjeaux : centres de rayonnement du trobar et du catharisme à la fois, enjeux de la seconde vague de conquête de Simon de Montfort et de ses proches qui comptent s’installer en permanence dans le pays et supplanter les seigneurs méridionaux

 

Le latin des oiseaux : locution utilisée par les trobadors pour désigner les chants naturels des oiseaux, qu’ils considéraient comme des langages comme les autres, légitimant ainsi en quelque sorte l’utilisation les langues ‘vulgaires’, non-latines (en d’autres termes : ‘à chacun son latin’, ‘chantons chacun en son latin’, etc.), alors que le latin des clercs était la langue littéraire et intellectuelle dominante sur le plan international

 

Montferrat : importante seigneurie et centre de pouvoir dans le Piémont, relais du trobar vers l’Italie et la Provence

 

Bologne, Vérone : importants plaques tournantes de la diaspora cathare

 

Royaume de Sicile : base matérielle et culturelle du pouvoir de l’empereur Frédéric II, farouche opposant de la Papauté et de sa politique d’expansion théocratique, lieu de ralliement des gibelins et d’accueil de trobadors en exil

 

Part Lerida : ‘au delà de Lérida’, expression géographique utilisée par les trobadors pour indiquer ce qui était entrain de devenir la Castille, autre terre d’élection pour la diaspora

 

Frédéric : ‘Fre de ric’, ‘frein des puissants’, comme glose son nom le trobador Aimeric de Péguilhan : Frédéric II Hohenstaufen, Roi de Sicile, petit fils de Frédéric ‘Barberousse’ et de Roger de Hauteville, empereur d’Allemagne, seigneur nominatif entre bien d’autres terres du royaume de Bourgogne et de Provence, farouche opposant de la politique théocratique de la Papauté, protecteur de trobadors d’oc en fuite et promoteur aux côtés de Raimond VII de la lutte des communes urbaines provençales contre les évêques et les croisés français, (au moins au début…).

 

De Cortenuova, Uberto de Pallavicini : grands seigneurs gibelins du nord de l’Italie, partisan et ‘vicaire’ de Frédéric II et des ses fils, protecteur des cathares et de la diaspora cathare occitane

 

Conrad, Manfred, Conradin : fils légitimes ou non de Frédéric II, qui lui succédèrent brièvement et s’efforcèrent de continuer son œuvre de lutte pour un Etat non-clérical (‘césaropapiste’, disent certains), et qui furent impitoyablement pourchassés et éliminés, notamment grâce au concours indéfectible du français Charles d’Anjou, fils de Blanche de Castille, frère de Saint Louis, paladin indéfectible de la politique papale

 

Gibelini : partisans inconditionnels du parti de l’empereur, dans les luttes colossales qui ont opposé pendant tout le Moyen-Age, notamment en Allemagne, en Italie et en Provence, la politique théocratique des papes, inspirée par le pessimisme foncier de ce qu’on a appelé ‘l’augustinisme politique’, et la tendance à l’émancipation et à la réforme radicale des empereurs, se nouant souvent autour de la question de la ‘querelle des investitures’ (qui à la haute main sur la nomination de la hiérarchie de l’Eglise ?), atteignant son paroxysme dans la guerre ouverte entre Frédéric II de Sicile et le pape Grégoire IX, avec la géopolitique inouïe du premier (alliance avec des puissances musulmanes au Moyen-Orient, refus de s’engager dans la Croisade, protection et soutien actif de seigneurs, d’intellectuels, de poètes ouvertement anti-cléricaux, voire hérétiques, action militaire contre les villes guelfes)

 

Domini canes : ‘chiens du Seigneur’, expression à peine codée de défiance envers les Dominicains, chargé par les papes de mettre en place la première Inquisition à Toulouse en 1226

 

Septimanie : vieille désignation du Languedoc, probablement basée sur la présence de sept villes dotées du statut d’évêché, remontant à période de la Gothie Wisigothique (6ème/8ème siècles envir.). Objet d’une tentative avortée de ressurrection au début des années 2000 par l’actuel président (ex-socialiste) du Conseil régional Languedoc-Roussillon, Georges Frêche.

 

Manches, anneaux : désignations habituelles dans les chansons d’objets donnés en gage de la fin’amors

 

Tarascon : site de 1990 à 1993 d’un Festival International de la Poésie, organisé conjointement par Julien Blaine et des membres du CipM de Marseille. Les premiers jets de l’Avilissement y furent rédigés et lus en publique.

 

Canso : ‘grand chant’, ou genre plus élevé de l’art des trobadors (ce qui restera vrai de toute la littérature européenne de langue non-latine jusqu’à la ‘De vulgari eloquentia’’ de Dante au moins)

 

Chanson de la Croisade : poème épique plus ou moins sur le modèle de la chanson de geste, mais en occitan, comportant 214 laisses et 9582 vers rimés, œuvre dans le premier quart du XIIIème siècle de deux auteurs successifs et nettement distincts de par leurs positions opposées sur la question de la croisade et sa légitimité, Guillaume de Tudèle, du parti catholique, partisan de Simon de Montfort, et l’Anonyme, partisan de la cause des comtes de Toulouse et de l’émancipation des villes méridionales – la critique savante discute encore quant à la plus probable identité de ce dernier qui a dû interrompre son œuvre lors de la croisade du roi Louis VIII

 

Alain de Roucy, Guy de Levis, Bouchard de Marly : compagnons d’armes et de spoliation de Simon de Montfort

 

L’Abbé de Pamiers : moine partisan de la croisade

 

Boulbonne : abbaye cistercienne

 

Simon de Montfort : seigneur puîné d’une famille installée aux confins de l’Ile de France et de la Normandie, chef par défaut de la croisade, usurpateur de titres (vicomte de Beziers-Carcassonne, comte de Toulouse, Duc de Narbonne, Marquis de Provence) que l’Eglise a ‘exposés en proie’, il vise l’imposition des ‘coutûmes’ (lois sur les droits seigneuriaux et ecclésiastiques, sur les droits de propriété et la transmission des biens) de sa région d’origine dans le toulousain et en Languedoc, lors des fameux ‘Assises de Pamiers’, se fait beaucoup haïr pour ses usurpations, pour son zèle sans limite dans la mise en exécution par le bras séculier des condamnations cléricales à l’égard des hérétiques, et très notamment à cause de sa peu de compréhension pour l’émancipation des villes et leur logique. C’est un féodal du nord pur et dur, très pieux et d’un courage personnel à toute épreuve, militairement compétent et parfaitement située dans la visée théocratique, laquelle épousait parfaitement d’ailleurs ses ambitions dynastiques

 

Lombers, N’Azalaïs de Boissezon : Le château de Lombers, au sud de Castres (dont il ne reste aujourd’hui presque rien, à part la motte ou colline artificielle sur laquelle cette puissante place forte était sise au XIIème siècle) était alors le fief principal de la famille de Boissèzon, proches et partisans des comtes de Toulouse. L’Azalaïs en question était la femme du seigneur du lieu – donc une ‘pièce rapportée’ – qui s’est rendue célèbre en se laissant chanter ouvertement par le trobador Raimon de Miraval, soupirant malheureux qu’elle aurait ensuite éconduit à la faveur de plus puissant que lui (Pierre II d’Aragon). Le trobador s’est ensuite vengé en mettant en circulation une chanson où il la traite de ‘bouclier faussé, ou fendu’, comparaison malveillante et misogyne aisément compréhensible par tout homme à l’époque

 

Pierre d’Aragon : comte de Barcelone, roi d’Aragon, dit par l’église ‘Pierre le Catholique’ depuis qu’il a vaincu une importante coalition de principautés arabes d’Espagne à la bataille de Las Navas de Tolosa, il s’est progressivement rapproché à partir du début de la croisade de Raimond VI de Toulouse, pourtant d’une famille ennemie et concurrente héréditaire pour la domination sur les terres du Midi. Finalement, il ira jusqu’à épouser la fille de ce dernier, et lui donnera sa propre sœur en mariage, ce qui vient signer sa politique de rapprochements entre les deux états, sa défiance envers l’usurpation outrancière de Simon de Montfort, mais aussi éventuellement ses propres visées expansionnistes vers le Nord. On le dit avoir été l’amant d’Azalaïs de Boissèzon ‘pour des chevaux et des fourrures’. Il mourra très vite et sommairement à la bataille de Muret, sous les coups d’une tactique française qui reste énigmatique jusqu’à nos jours. S’il avait emporté cette journée, la carte de l’Europe du sud aurait peut-être été différente.

 

Miguel de Luesia : parmi les mille chevaliers catalans et aragonais conduits à la bataille de Muret par Pierre d’Aragon. On sait que, malgré les louanges hyperboliques du trobador Peire Vidal, il y a également laissé la vie.

 

Peire Vidal : important trobador toulousain (…1183-1204…), dont la vida (biographie romancée de tradition manuscrite) dit qu’il était fils d’un marchand de fourrures, donc d’origine bourgeoise et roturière. Il était célèbre pour ses fanfarronades provocatrices et sa virtuosité dans le ‘trobar leu’, ou style facile.

 

Raimon de Miraval : trobador du Carcassès (…1191-1229…) qui a laissé une quarantaine de cansos, dont plusieurs avec la mélodie. C’est également un maître du ‘trobar leu’. La naïveté de ses démêlées avec la jeune, puissante et de toute évidence affriolante Azalaïs de Boissèzon lui ont laissé, peut-être injustement (selon René Nelli) la réputation d’un ‘petit maître’ quelque peu vaniteux et ridicule.

 

Henri II : Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, duc de Normandie et d’Aquitaine, comte de Poitiers etc.

 

Génois, Pisans : villes portuaires italiennes en concurrence pour la domination du commerce méditerranéen

 

Trencavel : patronyme des vicomtes de Nîmes, puis de Beziers-Carcassonne depuis le 11ème siècle

 

Marquisat de Provence : domaine provençal des comtes de Toulouse, s’étendant depuis les terres au nord de la Durance, englobant le comtat Venaisin, Carpentras, Vaison, jusqu’au Rhône, avec Avignon, la Drôme et le Valentinois et au delà, avec le Vivarais et la Terre d’Argence. Après extinction de la lignée raimondine directe, toutes ces terres seront récupérées par la Papauté pour former le futur domaine de la Papauté d’Avignon.

 

‘Délaissant Beziers’ : en effet, Raimond Trencavel, leur ‘seigneur légitime’, est tué par la foule des bourgeois de Beziers en colère en 1167, sans doute pour une question de droits, ce qui n’est vraisemblablement pas sans avoir influé sur la décision des chefs militaires et cléricaux de la croisade d’abandonner Béziers à son sort (et aux ‘ribauds’)

 

Giraut de Bornelh : …1162-1199…grand trobador, virtuose du ‘trobar leu’, néanmoins proche ami et à l’occasion interlocuteur poétique de Raimbaut d’Orange, dans le ‘De vulgari eloquentia’, considéré par Dante comme le ‘Maître des Trobadors’, alors qu’il confère le titre du ‘miglior fabbro del parlar materno’ au trobador Arnaut Daniel, lorsqu’il le croise au Purgatoire, en brisant l’unité linguistique de la Comédie pour s’adresser à lui en langue d’oc

 

‘Le jeune vicomte’ : Raimond-Roger Trencavel, 24 ans, vicomte de Béziers et de Carcassonne, lequel ayant dû (ou voulu) abandonner Béziers à son sort face aux croisés, se constitue en otage volontaire pour assurer le sauf-conduit à l’ensemble de la population et hommes d’armes de Carcassonne, réduite à merci par les croisés en août 1209 par manque d’eau. Il meurt trois mois plus tard dans sa prison, sans autre explication. Montfort récupère ses terres et ses titres, ‘exposés en proie’ par la Papauté car le titulaire est suspect de recel et d’assistance aux hérétiques

 

Lavaur, Minerve, Puylaurens : premiers grands bûchers cathares

 

Cabaret, Foix, Comminges : (très indistinctement ici, le texte est ancien, c’est-à-dire de jeunesse), en fait, seigneurs méridionaux de plus ou moins grande importance, le plus souvent restés strictement fidèles à la cause des comtes de Toulouse, farouchement anti-français, mon texte de l’époque vise donc plutôt mal, surtout en ce qui concerne le comte de Foix… !

 

Dame de Penne (la) : femme restée anonyme, peut-être châtelaine de Penne (Tarn-et-Garonne) qui, aimée et chantée par Raimon Jordan de Sant Antoni, apprenant par une fausse nouvelle la mort de celui-ci sur un champ de bataille, décida sur le champs de se faire ‘patarine’, c’est-à-dire vaudoise ou cathare

 

Raimon Jordan de Sant Antoni : trobador du Quercy (…1178-1195…), vicomte de Saint-Antonin, qui à l’instar des beni ‘odhri (qu’il ne connaissait sûrement pas !), tribu bédouine pré-islamique mythique et célèbre pour ses amoureux et ses poètes, préconise la mort par amour comme destin inéluctable de la fin’amors (ce qui n’est absolument pas la règle générale chez les trobadors)

 

Saint-Gilles : la grande porche romane sculptée (et atrocement mutilée, hélas, par les protestants des Cévennes au XVI° siècle) du Basilique de Saint Gilles du Gard

 

Plotin d’Alexandrie : le plus grand des philosophes néo-platoniciens de l’ère hellènistique, penseur, théologien et mystique de la dimension d’un Shankaraçarya ou d’un Ibn’ Arabi, transcendant à partir de la diversité des courants d’influence de l’oikouméné aussi bien l’occident (grèce platonisante) que l’orient (perse, inde)

 

Raimbaut d’Aurenga : Seigneur de Courthézon et d’Aumelas (…1147-1173…) ‘L’imam caché’ des trobadors, maître indépassable de l’ironie, de la parodie et du ‘trobar clus’ (style crypté ou hermétique), mystique très exigeant de la fin’amors, ne le cèdant en rien à son homonyme de la modernité française en termes d’audace stylistique et linguistique, de culture corrosif du paradoxe littéraire et moral

 

‘Cubertz entresens’ : langage des signes codé, préconisé par Bernart de Ventadorn dans une de ses chansons comme forme de communication privilégiée entre amoureux (‘entendedors’, ceux qui sont ‘d’intelligence’), la fin’amors est donc une sorte d’intelligence service, de guerre des signaux entre ‘vrais amoureux’, les ‘fis entendedors’

 

‘Paratge’ : terme très souvent glosé, qui a l’origine ne signifie guère plus que l’idée d’appartenance à un même milieu nobiliaire (‘pairie’, ‘peerage’), mais dont le sens a sans doute évolué suivant la ‘dérive générale des signifiants’ à l’intérieur de la culture en pleine transfiguration sémantique de la fin’amors, pour aboutir à une notion plus près de l’idée d’égalité entre gens de mérite, contre-élite de la république urbaine et/ou d’amour

 

‘Joven, amors’ : ‘jeunesse’, ‘amour’, valeurs (ou contre-valeurs) de la fin’amors des trobadors

 

Monodie : chant modal, a capella, sans accompagnement ni harmonique

 

Azalaïs de Burlats, Ermengarde de Castres, Loba de Pennautier, Brunissen de Penne d’Albigeois : ‘dames’ ou patronnesses plus ou moins ouvertement référencées par diverses cansos de trobadors contemporains ou les vidas les accompagnant

 

Guilhem Augier Novella : ‘jongleur’ et ‘porte-nouvelles’, comme son nom l’indique, devenu ‘trobador’ par service et par talent, de plein droit. A composé un magnifique ‘planh’ (déploration) sur la mort du jeune Raimond-Roger de Trencavel, qui en dit long sur l’état de cette société au moment de l’irruption de la croisade

 

Razo : court texte en prose ou ‘argument explicatif’ précédant quelque fois une canso dans les manuscrits

 

L’ordre de Cîteaux : ordre monastique fondé par Bernard de Clairvaux, le grand adversaire des conceptions rationalisantes et humanistes avant la lettre d’Abelard. Côté église, les cisterciens sont le fer de lance idéologique et organisationnel de la croisade et fournissent ses premiers leaders spirituels et chroniqueurs latins (Arnaud Amalric, l’évêque Fouques, Pierre des Vaux de Cernay etc.). Encore un grand pan de la belle façade d’unité d’un Moyen-Age de propagande qui tombe !

 

Montagut : place forte cathare à flanc de coteau dans la basse vallée du Tarn, fief de la puissante famille pro-toulousaine du même nom, sur l’ancienne route entre Toulouse et Albi, prise et démolie par Simon de Montfort en 1209, plus tard abandonnée et remplacée par l’Isle-sur-Tarn dans la plaine

 

Les Pierres d’Alzonne : deux pierres que l’on peut encore voir de part et d’autre de la rivière quelques kilomètres en dessous de Montolieu (Aude), qui étaient sensés ne jamais se toucher

 

Marc Danner : grand reporteur et auteur américain qui s’est consacré depuis quelque temps à une lutte d’un courage exemplaire pour amener plus de clarté et de débat publique dans les pratiques des militaires et services secrets américains dans des centres de détention para-légales comme Guantanamo, Abou Ghraïb, et lors des ‘extraordinary renditions’ (enlèvements à destination inconnue) de suspects dans la ‘guerre contre le terrorisme’ vers des pays tiers

 

Guillem Augier Novella : (...1209-1228...) jongleur devenu trobador, originaire de la Drôme, qui, à la suite de ses serventes et autres poèmes anti-français, a dû à partir dès 1212 environ s’exiler dans le nord de l’Italie. Ce planh très éloquent, très insuffisamment connu et cité, sur la mort du jeune Raimon-Roger Trencavel, vicomte de Beziers et de Carcassonne, qui s’était constitué otage de Simon de Montfort et de l’Ost des croisés pour garantir le sauf-conduit de la population de Carcassonne, lors de la capitulation de cette ville, entraînant sa mort dans les conditions pour le moins obscures et suspectes que l’on sait, est avant tout intéressant pour l’écho qu’il donne des rapports entre les différentes catégories de la population de ce bourg et leur seigneur, certes idéalisé, mais qui est néanmoins à placer en parallèle avec le fameux passage de la Chanson de la Croisade qui relate l’acceuil extatique de la population de Toulouse lors du retour de Raimon VI à l’intérieur de ses murs. Certes, les trobadors étaient les ‘médias’ de l’époque, et donc il doit y avoir une part inévitable d’hyperbole et de propagande, mais il y a tout de même comme une constante, qui met éventuellement en lumière une différence très nette de type de société et d’évolution de la féodalité au sein de celle-ci.

 

Michel Daure : originaire de Montauban, secrétaire personnel de Talleyrand, amoureux suicidaire de Dorothée de Courlande/Dino, nièce de ce dernier.

 

Bernart de Ventadorn : (…1147-1170…) grand maître du ‘trobar leu’, virtuose de l’émotion spontanée contenue dans des formes très maîtrisées, qui a certainement mérité d’avoir été si longtemps au plus haut de la ‘hit parade’ des trobadors en son temps et au nôtre, même si sa ‘sincérité’ tant vantée confine quelques fois un peu à l’extériorité mondaine d’une posture rhétorique.

 

Montréal, Fanjeaux : châteaux cathares du Lauragais

 

Henri Gougaud : parolier, conteur, nouvelliste, romancier, traducteur, nous lui devions au début des années soixante dix un recueil intéressant de traductions rimées des serventes ou ‘Poèmes politiques des Troubadours’, désormais disparu de la circulation. Sa traduction plus récente de la Chanson de la Croisade Albigeoise publié en livre de poche dans la collection « Lettres Gothiques » (avec une introduction de Georges Duby) a pu sembler plus terne ou plus rangé, et n’a que peu contribué à mettre en lumière l’extraordinaire apport de ce texte en langue d’oc.

 

Arnaud Amalric : Abbé de Cîteaux, chef religieux de la croisade, futur archevêque de Narbonne

 

Gérard de Sède : ancien surréaliste, cité deux fois pour ses activités avec les FFI pendant la deuxième guerre mondiale, tenté par l’occultisme, se convertit à ‘l’histoire alternative’ en s’installant à Rennes-le-Château dans l’Aude pour y écrire ‘Le Trésor Maudit de Rennes-le-Château’, publié en 1967, récit qui tourne autour du mystérieuse fortune accumulée par le curé de la paroisse, l’Abbé Saunier, entre 1891 et 1ç17 (I milliard et demi d’anciens francs). Le livre de Sède fit des petits, notamment ‘The Holy Blood and the Holy Grail’ de Baigent, Leigh et Lincoln, lesquels perdirent récemment leur procès contre Dan Brown pour plagiat de leur ouvrage dans son best-seller ‘Le Da Vinci Code’. Même s’il a critiqué plus tard certains de ses propres écrits les plus fantaisistes, pour justifier son approche à postieri, de Sède aimait à citer André Breton, et notamment cet aphorisme : ‘L’imaginaire est quelque chose qui tend à devenir vrai…’

 

Dom Vaissete : bénédictin, co-auteur avec Dom de Vic du monumental (et toujours incontournable) Histoire générale du Languedoc, Paris, 1730-1745, rééditée par Privat, Toulouse, 1872

 

‘Sus donc Soldats du Christ…etc...’ : citation directe de la lettre pastorale du Pape Innocent III appelant les bras armés de la chrétienté à partir à la croisade et ‘exposant en proie’ la plupart du Languedoc en tant que terres de receleurs d’hérétiques

 

Majnun, Leïla : amants devenus légendaires et restés paradigmatique de la poésie arabe préislamique, puis de la mystique soufie, basés sur des personnages plus ou moins historiques, le poète Qays de la tribu des Banû ‘Amir, amoureux fou (‘majnun’) ou simulant la folie, de sa cousine Layla, qui lui est refusée.

 

‘Du Marseillais Barral’ : Barral des Baux, le dernier vicomte de Marseille, avant le rachat du titre par la Commune de la même ville, souvent cité dans les cansos de Peire Vidal (sous le senhal ‘Rainier’)

 

Alessi dell'Umbria : historien et urbaniste marseillais contemporain, auteur du magnifique et très remarqué livre Histoire Universelle de Marseille (Agône, Marseille, 2006), dont les extraits cités en document capital sont tirés.

 

Arles, le 6 février 1211 : prise de connaissance par Raymond VI de Toulouse des conditions draconiennes de l’acte de soumission imposée par les légats du Pape, forts des victoires et prises des principales places fortes de ses terres par Simon de Montfort et l’armée des croisés :le comte et les siens devront ‘…observer la paix, licencier les routiers (mercenaires, soldats professionnels), restituer leurs droits aux clercs et les remettre en possession de tout ce qu’ils lui réclameront, mettre hors de sa protection tous les juifs fourbes et ceux des hérétiques « croyants » que les clercs lui désigneront ; dans le délai d’un an les livrer tous à leur discrétion, pour qu’ils puissent en faire ce qu’ils voudront ; ne désormais manger plus de viande que deux fois par semaine, ne plus se vêtir d’étoffes de prix, mais porter de grossières capes brunes qui leur dureront plus longtemps ; ils devront démolir tous leurs châteaux et leurs forteresses, aucun chevalier ne devra plus demeurer en ville, tous seront tenus de résider en dehors, dans la campagne, comme des vilains ; le comte et les siens ne devront plus percevoir aucun péage indu sur les chemins…[…]…tous les usuriers renonceront à l’usure et, s’ils ont pris un intérêt, ils le restitueront aussitôt ; si le comte de Montfort et les croisés à l’avenir chevauchent sur leurs terres, et prennent des choses leur appartenant, ils ne s’y opposeront pas ; en toutes choses ils se conformeront à la volonté du roi de France ; le comte de Toulouse devra aller outre-mer, dans le pays où coule le Jourdain, et y rester aussi longtemps que le voudront les moines et les cardinaux de Rome…ensuite il devra entrer dans l’un des deux ordres du Temple ou de Saint-Jean de Jérusalem ; quand il se sera conformé à toutes ces prescriptions, on lui rendra ses châteaux ; s’il ne s’y conforme pas, on le chassera de partout, si bien qu’il ne lui restera rien’ (Chanson de la Croisade, laisse 60, vers 6-37). On comprend donc le sourire d’incrédulité ironique : ces conditions sont une dépossession, une mise à mort politique absolue, ‘dubcekienne’.

 

Audiart : senhal ou nom codé, désignant peut-être une femme dont ils ont partagé du moins l’admiration, sinon l’amour, porté en commun par Raimond VI de Toulouse et le trobador Raimon de Miraval

 

Na Giralda : Giraude, seigneur veuve de Lavaur, protectrice des cathares, prise lors du siège de sa ville insoumise, mise à mort atrocement par les croisés (qui l’ont jetée vivante dans un puits, puis lapidée à mort en comblant celui-ci de pierres) - étrange image du refoulement, voire de la ‘forclusion’ du féminin

 

Ville stagnante, sans issu : le poème date de la fin des années soixante, les choses ont-elles changé ?

 

Europe autre : pour compléter judicieusement ce que l’on ne fait que suggérer ici, une lecture des principaux ouvrages de l'œuvre de Robert Lafont s’impose, notamment Le Geste de Roland et certains essais de La Source sur le Chemin

 

‘L’interminable Noël de tes yeux’ : c’est une métaphore empruntée à Bernard de Ventadorn : ‘c’aicel jorns me sembla Nadaus/c’ab sos bels olhs espiritaus/m’esgarda ; mas so fai tan len/c’us sols dias me dura cen’ – Cela me semble le jour de Noël lorsque, avec ses beaux yeux pleins d’esprit, elle me regarde ; elle le fait si lentement, qu’un seul jour me paraît durer cent…

 

‘Celieys cui am de cor e de saber’ : premier vers d’une célèbre canso allégorique sur l’amour du trobador Guiraut de Calanson (…1202-1212…) : ‘A celle que j’aime de cœur et de savoir, dame et seigneur et ami…’

 

Eugénie et Maurice de Guérin : frère et sœur, tous les deux morts jeunes, sorte d’icône d’un certain romantisme français (alors qu’en fait leurs chemins avaient nettement divergé à l’intérieur de celui-ci) ayant habité, souvent ensemble, le charmant et austère petit château du Caylar, entre Gaillac et Cahuzac, que l’on peut visiter de nos jours. Maurice écrit Le Centaure, un poème en prose publié par George Sand dans la Révue des Deux Mondes et salué par cette dernière pour, écrit-elle dans une lettre à Eugénie qui en est révulsée, son ‘panthéisme, puis se rapproche de Félicien de Lammenais, le pionnier du catholicisme social, qui sera bientôt excommunié par l’église. Eugénie espère une réussite plus convenue pour l’œuvre de son frère, et surtout plus conforme à sa foi à elle ; elle se retourne vers Barbey d’Aurevilly, qui finit par décevoir les espérances qu’elle avait placées en lui.

 

Pierre de Lambesc, Gui de Cavaillon, Dragonnet de Mondragon, Bernard d’Avignon, Pierre-Raimond de Rabastens, Raimon Belarot, Guilhem Porcellet, Guillem de Benafar : chevaliers, principalement provençaux, partisans de la cause des Raimondins et ralliés à l’armée de Raimond VII (qui s’appelle encore le ‘Jeune Comte’) lors de la reprise de Beaucaire sur Simon de Montfort

 

Julien Blaine : poète contemporain, dans la filiation de Fluxus et de la poésie concrète, fondateur de revues, homme politique marseillais, responsable culturel, co-créateur des Festivals de Poésie International de Cogolin et de Tarascon, sorte de Moine de Montaudon (littérairement parlant !) de notre époque

 

Emmanuel Ponsart : directeur du Centre International de Poésie de Marseille, éditeur, co-fondateur avec Julien Blaine, Nanni Balestrini, Liliane Giraudon, Jean-Jacques Viton, du Festival International de Poésie de Cogolin, puis de Tarascon (avec les trois derniers en moins !)

 

Ma Desheng : poète et plasticien chinois contemporain d’avant-garde, résidant actuellement en France

 

Edmond Jabès : célèbre auteur francophone de la seconde moitié du vingtième siècle, d’origine juive égyptienne

 

Judaria : quartier protégé pour les juifs de Tarascon créé au quatorzième siècle par le Roi René de Naples, de Sicile, et de Provence, avec sa ‘Provision de Sauvegarde’…

 

Guillaume de Gellone : de père franque, de mère wisigothique, neveu ou fils de compagnon de Charlemagne, guerrier et puis moine du huitième siècle entré dans la légende, vainqueur des arabes à Narbonne et à Barcelone, plus tard héros de chanson de geste

 

Double siège : alors que Raimond le Jeune et ses troupes assiègent à partir du Faubourg la garnison des français de Lambert de Limoux enfermée dans le château de Beaucaire, Simon de Montfort arrive à la hâte pour faire un deuxième siège aux forces provençales et toulousaines

 

‘Le roi encore jeune…’ : il s’agit de Jacques le Conquérant, fils de Pierre II d’Aragon, qui a l’époque est âgé d’environ six ans

 

‘Le roi d’outre-Bretagne’ : Tomier e-n Palaizi placent leurs espoirs dans une alliance entre le roi d’Angleterre (Jean ‘Sans Terre’) et l’empereur Frédéric

 

‘Les faux absous niais’ : les participants à la croisade, qui mettent leur espoir dans les indulgences prodigués par les légats

 

La perte de Damiette : événement clé de la désastreuse cinquième croisade (1219-1222) lancée par Innocent III pour récupérer les lieux saints. La perte de cette importante ville de l’embouchure du Nil fut favorisée selon certains par le refus d’obtempérer des représentants du Saint-Siège devant des offres de paix arabes

 

Bruniquel : ville fortifiée ou ‘bastide’ en Quercy, comportant un château en nid d’aigle dominant la confluence de l’Aveyron et de la Vère, dont les fondations remonteraient à l’époque wisigothique, ensuite place forte des comtes de Toulouse depuis le neuvième siècle

 

Cahors : au XIIème/XIIIème siècles, important centre bancaire et de rupture de charge des routes du commerce méditerranéen par voie terrestre. Dante place en grand nombre les banquiers de Cahors dans le cercle des avaricieux de son Enfer.

 

Saintes : port atlantique où aboutissaient les routes terrestres transversales de commerce depuis la Méditerranée

 

Baudoin de Toulouse : demi-frère de Raimon VI de Toulouse, fils de Constance, la sœur répudiée de Louis VII, il fut élevé à la cour de France. Lors de la croisade, il prit la partie de Simon de Montfort, qui lui remit Bruniquel en fief de reprise, ce qui lui valut de finir pendu par des partisans du parti toulousain, tout en laissant une descendance latérale dont se réclament aussi bien le peintre Toulouse Lautrec que l’actuel comte de Toulouse

 

Guillaume de Tudèle : auteur vraisemblablement catalan des 131 premières laisses (2772 vers) de la Chanson de la Croisade, favorables à la cause catholique et romaine. Il a su cependant se montrer outré en relatant certains des crimes des croisés, dont il partagait globalement l’idéologie et les objectifs

 

Pierre Mir : chevalier du Carcassès, il vira de bord après la reddition de Cabaret et rejoignit les croisés

 

Pierre-Roger de Cabaret : important seigneur du Carcassès, de toutes les premières luttes contre Simon de Montfort

 

Bram : village du Lauragais, dont il est dit que Simon de Montfort fit aveugler et couper le nez à tous les habitants sauf un, qu’il garda borne afin qu’il puisse guider les autres en signe d’avertissement auprès de Pierre-Roger de Cabaret. Le vocable occitan ‘bram’ signifie ‘cri’, ou ‘hurlement’

 

Argelas : plante épineuse à l’abondante floraison jaune en janvier ou février dans les régions méridionales, qu’il ne faut pas confondre avec le genêt.

 

‘Ab joi mou lo vers e.l comens’ : premier cobla d’une canso de Bernart de Ventadorn (PC 70, 1)

 

Andenken : titre d’un poème de Friedrich Hölderlin, écrit après avoir quitté Bordeaux (1802), dont le titre signifie ‘souvenir’

 

Maître Jacques : un clin d’œil posthume à Jacques Kermoal de Tarascon, qui avait mis en chantier la publication du Siège de Beaucaire (première partie de L’Avilissement qui avait été donné en lecture au Théâtre Municipal en 1990), mais qui fit la mauvaise plaisanterie de nous quitter prématurément, avant même d’avoir réalisé son rêve de faire à nouveau défiler les éléphants de Hannibal dans sa ville.

 

Le Premier Siège : premier siège mis à la ville de Toulouse par Simon de Montfort, très en colère contre les toulousains, nominalement ses vassaux après son investissement de la ville suite à la bataille de Muret, mais qu’il soupçonne sans doute avec raison d’avoir participé financièrement à sa mise en échec au siège de Beaucaire

 

‘Ab votz d’angel…’ : coblas d’un serventes (chant politique) célèbre du trobador toulousain Peire Cardenal (…1205-1272…) où il satirise avec vigueur et subtilité les dominicains, à l’heure où ceux-ci fondent l’Inquisition

 

Folquet de Marseille : ancien trobador d’origine bourgeoise, pourtant marié, qui devient moine cistercien à l’abbaye du Tholonet, et ensuite se voit nommer archevêque de Toulouse, ville où il est très impopulaire, quelque temps avant le déclenchement par Innocent III de la croisade, dont il deviendra un des principaux protagonistes idéologiques

 

Martin-Chabot, Eugène : conservateur honoraire aux archives de France, immense éditeur (à la suite de Fauriel, 1837, Raynouard, 1838, Meyer, 1875-1879) et traducteur en prose de la Chanson de la Croisade Albigeoise, Les Belles Lettres, Paris, 1960 (Traduction et Edition critique vivement récommandées à tout lecteur exigeant).

 

St Pierre-de-Cuisines : église très ancienne à Toulouse où en 1189 le comte Raimon V et les consuls de Toulouse se prêtèrent mutuellement serment de respecter leurs droits réciproques, ce qui représentait en fait une considérable avancée en termes d’autonomie juridique et politique pour la ville, concédée par le comte en contrepartie de contributions exceptionnelles au financement de sa guerre contre le Plantagêt, ce qui en fait une sorte de ‘Grande Charte’ avant la lettre

 

Posse Comitatus Act : amendement à la constitution des Etats Unis, interdisant aux militaires d’intervenir sur le territoire national, et accordant aux citoyens le droit inaliénable de porter des armes et de former des milices d’autodéfense

 

Bourg, Cité : deux parties zygotes caractéristiques des villes méridionales au Moyen-Age, chacune encloses de murs : le Bourg, ville des bourgeois, des marchands, la Cité, ville de l’évêque ; entre les deux, très souvent, la Maison Communale, siège du naissant parlement ; le château comtal se trouvant, comme à Toulouse, à l’extérieur des murs

 

Lombez : petite ville du Gers, située dans la vallée de la Save, où François Pétrarque fit un séjour en 1330 auprès de son ami et protecteur Giacomo di Colonna, archevêque et humaniste

 

Le Château Narbonnais : château des comtes de Toulouse, situé à l’extérieur des remparts du Bourg, devant la porte du Château, ancien édifice romain, actuellement site du Palais de Justice

 

Consolamentum : rituel cathare de réconciliation par l’action de l’Esprit Saint entre l’âme du croyant et son ange ou double céleste grâce à l’imposition des mains et la récitation du pater noster, seul équivalent d’un sacrement ecclésial préconisé par les membres de la secte, dispensé au moment de renoncer au monde pour devenir ‘parfait’ ou à l’article de la mort, pour les simples croyants

 

Cardenal, de Peguilhan, Guillem Figuiera : très grands trobadors, plutôt gibelins, de la résistance et de la diaspora

 

‘Agneau, agneau, agneau’ : citation d’un fragment de canso du trobador Peire Vidal (XLIX dans l’édition Anglade), dont l’ensemble donne le suivant :

 

‘Co.l lop quan vol de letra apprendre

E anch null temps no.l poch hom far entendre

Ne A ne B ne C ne D ne L

Mas solament anyell, anyell, [anyell]’

 

Comme lorsqu’on a voulu faire entendre

Au loup son alphabet, il n’a jamais pu apprendre

Ni A ni B ni C ni O

Mais seulement :agneau, agneau, agneau

 

Maître Robert : ‘plus loin, ce personnage est qualifié de ‘sage légiste’ ; son attitude…[…]…donne à croire qu’il était du petit nombre de toulousains qui acceptèrent comme seigneur Simon de Montfort, pour éviter le pire à leur ville et agir comme médiateurs en faveur des autres. Nous l’identifions avec le « magister Robertus » qui, en mai 1215, à Valence-sur-Rhône, fut aux côtés de Simon, parmi les témoins de l’acte d’arbitrage du comte…etc.’ (Martin-Chabot, tome II, page 205-206, note 5).

 

Monseigneur Salièges : archevêque de Toulouse pendant la deuxième guerre mondiale, protecteur des juifs et fustigateur de l’antisémitisme, qui finit par être déporté lui-même

 

Aimeric de Peguilhan : important trobador (…1190-1221…) de la diaspora italienne, originaire de Toulouse, mentionné avec admiration par Dante dans son ‘De vulgari eloquentia’ pour sa métaphore de ‘l’arbre surchargé’. Gibelin, partisan de l’empereur Frédéric II, suivant sa vida, il est possible qu’il soit mort en milieu cathare en Italie.

 

Guillems de Berguedà : trobador catalan (…1138-1192…), originaire de Cerdagne, ami de Bertran de Born

 

François Pétrarque : poète et philologue originaire de la Toscane, ayant grandi à Carpentras, étudié et entré dans les ordres dans l’Avignon des Papes, il se fait surtout connaître de ses contemporains pour ses positions d’humaniste chrétien et son œuvre néo-latine, pour laquelle il est couronné de son vivant. Sa gloire posthume a été assuré par les 366 sonnets en langue vulgaire (de Si) de son ‘Canzoniere’, restés discrets, mais retravaillés pendant près de quarante cinq ans, où il reprend certains thèmes et traits stylistiques des trobadors, notamment du ‘trobar ric’ d’Arnaud Daniel, tout en restant dans une posture de deuil a postiori qui va influencer toute la poésie amoureuse de la Renaissance, et lui conférer une coloration augustinienne de mélancolie et de renoncement.

 

Le Vieux de la Montagne : fondateur à la fin du douzième siècle à Alamût en Perse d’une secte ismaëlienne extrémiste, connue depuis en Occident plus ou moins à tort sous le vocable ‘les assassins’, il fit néanmoins abattre par ses hommes plusieurs grands personnages croisés, dont Conrad de Montferrat, mais aussi des chefs turques Seldjoucides sunnites.

 

Faidits : ‘Nous conservons ce mot de langue du midi de la France, dont les équivalents français : bannis, exilés, ne rendent qu’imparfaitement le sens ; il désigne dans notre Chanson ceux qui, chevaliers, ecuyers, bourgeois ou paysans, ne voulant ni se soumettre ni être faits prisonniers, ont, à l’approche des croisés victorieux, abandonné leurs châteaux, leurs maisons et mènent une vie errante ; s’ils peuvent porter les armes ils se joignent aux ennemis de la croisade’ (Martin-Chabot, Tome 1, page 232, note 3). Ce sont donc des résistants, des usurpés insoumis.

 

Bernard de Comminges, Roger-Bernard de Foix : grands vassaux et alliés incontournables du comte de Toulouse

 

Les Montauts, Guillaume Unaud, Aimeric de Castelnau : chevaliers toulousains restés fidèles à la cause du Raimondin, près à rentrer avec Raimon VI à Toulouse coûte que coûte, qu’il convient à nouveau de nommer, comme le fait la Chanson, un à un, pour les faire à nouveau surgir du silence

 

Esclarmonde de Foix : sœur du comte de Foix, devenue ‘parfaite cathare’

 

Aimart de la Béche, Roger de Tournedos, Joris : chevaliers croisés (idem).

 

Le Deuxième Siège : (en fait stricto sensu le troisième, parce qu’il y a eu un premier siège avorté par Simon de Montfort et les croisés en 1211). Après le retour dans leurs murs de Raimon VI, les toulousains définitivement excédés par le joug fiscal et juridique de Simon de Montfort, décide en l’absence de celui-ci (reparti en Provence guerroyer pour s’assurer ses ‘droits’ usurpés sur le Marquisat) de relever leurs murailles, qu’il avait fait démolir après le premier siège, et de le défier par tous les moyens

 

Alix de Montmorency : femme de Simon de Montfort, son père est Bouchard IV de Montmorency, d’une famille seigneuriale du val d’Oise ayant fourni des connétables de France, avec également des liens de mariage avec la famille royale d’Angleterre ; sa mère, Laurette du Hainaut, serait aujourd’hui belge flamande.

 

Raimond-At d’Aspet : chevalier du Comminges, d’une famille fidèle aux raimondins.

 

La Ronde de Nuit : célèbre tableau de Rembrandt (titre d’origine : La compagnie de milice du capitaine Frans Banning Cocq), peint entre 1640 et 1642, pour orner le nouveau hall du Kloveniersdoelen, la compagnie des mousquetaires de la milice civile d’Amsterdam. Dans le contexte de la guerre de la France de Louis XIV contre les Provinces-Unies, le sens politique du tableau est manifeste.

 

Guyot et Guy : fils et frère de Simon de Montfort

 

La Porte Montolieu : il existe encore à Toulouse sur le même emplacement une place de ce nom, qui débouche aujourd’hui sur les jardins Royal et du Grand Rond.

 

La Croix cléchée, cloutée, évidée : la croix de Toulouse, devenue de nos jours l’emblème de l’Occitanie.

 

Esparc de la Barthe, Bernard-Jourdain de l’Isle-Jourdain, Ot de Terride, Guiraud de Gourdon, Bernard et Bertrand de Montégut, Gaillard de Beynac, Arnaud de Modenac, Estève Sa Valeta, Araimfres de Montpezat, Guillem Amanieu, Amalvis de Pestillac, Uc de la Mota, Guillaume-Arnaud de Tantalon : chevaliers partisans des comtes de Toulouse, souvent Faidits gascons, qui viennent rejoindre les défenseurs de la ville.

 

‘Mye Ladie, mye leman, mein Liebling, Na Domna, myne Lykynge, mye owne dear darlynge, Res Veraia, pros e valensa, Midons, Domna pros e enseignada’ : appellations féminines, inspirées du Moyen Anglais, de l’allemand et de l’ancien occitan : cette dame insoumise de cœur, cet amour occitan sont un héritage européen.

 

‘Gai sabor et saber d’amour’ : gaie saveur et savoir d’amour, tels que l’entendent les trobadors.

 

‘Senher et domna et amia’ : ‘Seigneur, dame et amie’, formulation utilisée par plusieurs trobadors à l’endroit de la dame ou femme aimée, qui renvoie clairement à la dialectique ‘inversée’ ou renversée de la fin ‘amors en tant que ‘seigneurie d’amour’, subtil déplacement (disqualification-requalification) des codes du pouvoir (ici, féodalité) en soumission du fort au faible, de l’homme du désir à la maîtresse du sens.

 

Le Lion et son cabochon : emblème armorial de Simon de Montfort, peint sur son écu et la housse de son cheval ; cristal de roche fixé sur l’occiput du heaume pour parer aux coups d’épée verticaux.

 

‘Bas-Languedoc Blues…’ : auto-citation (Aix-Song, Station Fractale 1, l’Elégie Inachevée).

 

Darth Vader : personnage sombre et tragique de ‘Star Wars’.

 

PACA : Région Provence Alpes Côte d’Azur (recouvre à peu près à la fois les anciens comté et marquisat de Provence, moins l’Argence, mais avec en plus le comté de Forqualquier).

 

DPS : ‘service d’ordre’ du Front National, fort de quelques deux mille éléments, commandé par l’ancien chef de la sécurité de l’Elysée, Bernard Courcelle, fonctionnant à l’occasion comme une sorte de police parallèle, voire un état dans l’état (ou du moins aspirant à l’être).

 

Saroman : personnage sombre et tourmenté (mage dévoyé) qui cherche à récupérer l’anneau du pouvoir pour son seigneur Sauron, dans ‘Le Seigneur des Anneaux’ de Tolkien.

 

Le Cardinal Bertrand : Cardinal des Saints Jean et Paul, légat envoyé par Honorius III au début de 1217, inspirateur de Simon de Montfort pendant l’expédition provençale. Il est accompagné d’un cortège de prélats.

 

Rumsfeld, Cheney ou Wolfowitz : principaux suppôts et artisans de la politique belliciste et expansionniste de l’administration Bush, parmi d’autres basses œuvres.

 

Michel Vauzelle: Président du Conseil Régional Provence Alpes Côte d'Azur (PACA), opposant du remplacement du bac de Barcarin par un pont autoroutier.

 

Christian Frémont, préfet de région PACA.

 

Roland Chassain : député (UMP) des Bouches-du¬-Rhône, partisan de l'autonomie municipale de Salins-de-Giraud et du remplacement du bac de Barcarin par un pont autoroutier

 

Gérard Durand: journaliste du Midi Libre.

 

Maurice G. Dantec, Houellebecq des Flandres, Renaud Camus, Muray : écrivains français contemporains (se voulant parfois d’avant-garde) ayant récemment fait des déclarations publiques xénophobes incendiaires ou ultra-réactionnaires.

 

‘Il y a péril en la demeure’ : autre auto-citation (titre d’un essai publié en 1994 attaquant frontalement la théorie dite du ‘choc des civilisations’ de Samuel Huntington, lequel occupe la ‘chaire’ Olin – Olin est une grande entreprise sidérurgique – à Harvard).

 

Guy le Maréchal : Guy de Levis

 

Serment Réciproque : ce document transcrit fidèlement l’acte signé entre Raimond V et les consuls de Toulouse, suivant lequel le comte transférait sa prérogative de monopole de la violence légitime et ses droits de justice intra muros aux principaux responsables de la ville. Il y a donc déjà eu une sorte de ’89 à Toulouse, six cents ans avant celui de Paris…

 

Faubourg St Cyprien : quartier de Toulouse situé sur la rive gauche du fleuve, ouvrant la route vers le Gers et la Garonne.

 

Capitouls : ce sont les consuls élus de Toulouse, choisis parmi l’oligarchie urbaine, qui siègeront (il est vrai, plus tard) au Capitole, ou Maison Commune.

 

‘Et cela va plus loin, beaucoup plus loin’ : extrait échantillonné de ‘L’Inavouable’, livre du journaliste d’investigation Patrice de Saint-Exupéry, qui avait déjà été le premier en France, dans un article publié en une sur quatre jours en 1999 par le Figaro, à avoir dévoilé l’amplitude du scandale et de la duplicité criminelle de cette affaire d’état et d’aventurisme néo-colonial, soulevant des controverses diplomatiques et politiques plus ou moins feutrées qui font toujours rage.

 

Brabançons, routiers Tiois : mercenaires belges et allemands recrutés par ceux de la ville.

 

Le comte de Soissons, Amaury de Craon, Gilbert des Roches, Aubert de Senlis, Gautier de Cambrai, Thibaut de Blaison, Drieu de Mello, Raoul de Nesle, Geoffroy de la Truie, Renaud d’Aubusson, Thibaud d’Orion, Gervais le Veautre, Gilbert de Maubuisson, Robert de Beaumont, Jean de Bouillon, Rainier le Frison, Amaury de Luset, Bernard de Courson : chevaliers du nord (Ile de France, Belgique, Allemagne ) venus rejoindre la croisade et gonfler les rangs de Simon de Montfort à la belle saison, espérant ainsi obtenir indulgences et butin, après avoir accompli à la fois leur ‘pèlerinage’ et leur ‘quarantaine’, service militaire de quarante jours par an. Beaucoup sont documentés comme ayant réellement existé par Eugène Martin-Chabot dans sa monumentale édition de la Chanson.

 

 

Jean-Louis Biget, Philippe Contamine : historiens médiévistes français, apparemment tentés par des positions plus ou moins révisionnistes- ou, pour le moins, ‘minorisante’s - à propos de la croisade des Albigeois.

 

Sirmione : presqu’île sur le lac de Garde. Selon Michel Roquebert, Le Montségur italien (200 cathares brûlés environ).

 

Jauffre : héros du roman en vers occitan du XIIème siècle du même nom.

 

‘Al intrada del temps clar’ : chanson à danser et à refrain occitane anonyme du XIIème siècle qui célèbre le retour du printemps, l’apothéose de la domna saborosa, la dame savoureuse, et met en scène la déconfiture de son vieux gilos (jaloux) de mari, qui est aussi peut-être l’hiver. A l’instar, les chansons des trobadors dans leur vaste majorité proscrivent et brocardent la jalousie, considérée comme un des péchés capitaux de la cortesia et de la fin’amors. Dernière nouvelle : ce serait un faux (Jean-Marie Carlotti).

 

‘L’amor de lonh’ : expression créée par le trobador bordelais Jauffre Rudel de Blaye pour désigner sa conception vraisemblablement plutôt singulière et individuelle de la fin’amors, privilégiant l’aspect in absentia et lointaine de cet amour sur le joy et la jouissance, ce qui rappelle quelque peu certaines des typologies de l’amour d’Ibn Hazm, le poète et penseur arabo-andalou de l’amour pur du Xème siècle. Ainsi, Jauffre va jusqu’à dire qu’il préfère l’amor de lonh à toute autre, ce qui n’est pas sans avoir nourri d’abondants commentaires et controverses chez les savants. Cependant, dans sa plus célèbre chanson il réserve aussi une place hyperbolique aux retrouvailles :

 

Adoncs parra.l parlamens fis

Qand, drutz loindas, er tant vezis

C’ab bels digz jauzirai solatz

 

Alors on verra de beaux échanges de paroles

Lorsque, amant au loin, serai si près

Que de ses beaux dires je jouirai consolé.

 

Dédé et Arnaud Barasc, Arnaud de Montégut, Bernard de Roquefort, Guillaume de Minerve,Guillaume de Belafar, Arnaud Feda, Bernard de Penne, Guillaume Frotier, Bernard de Monestiès, Roger-Bernard de Foix, Bernard-Amiel de Pailhès, Jourdain de Cabaret, Chatbert, Loup, Aimeric de Roquenégade, Arnaud de Villemur, Guillaume, Guiraud et Raimond Unaud, Guillaume-Bernard d’Arnave, Espan de Lomagne, Amalvis de Pestillac, Ucs de la Mota, Pelfort, Matfre et Roger-Raimond de Rabastens, Ratiers de Bosna, Joan Marti, Bertrand d’Alfaro, Bernard de Comminges, Arnaut-Raimond d’Aspet, Isnard de Puntis, Marestaing, Roger de Montaut, Noé, Roger, Jourdain de Lanta, Sicart de Puylaurens, Ucs de Monteils, Padern, Bernard Meuder, Bernard de Lautrec, Pierre-Guillaume Bartas, Bernard de Montaut, Guilabert, Frézols,Bernard-Jourdain de l’Isle, Ot de Terride, Bernard-Jourdain de Laurac, Guiraud de Gourdon, Bernard de Beynac, Estout de Lias, Bernard de Capdenac : chevaliers principalement occitans ou catalans, souvent faidits et proscrits, partisans des comtes et défenseurs des différentes portes de Toulouse (en fait, lors du siège avorté, quelques années plus tard, de la croisade de Louis VIII). Beaucoup sont documentés comme ayant réellement existé par Eugène Martin-Chabot dans sa monumentale édition de la Chanson. Il y a, comme indiqué plus haut, à la fois le devoir et une joie étrangement profonde à les nommer ici, comme le fait déjà la Chanson, un à un, pour les faire à nouveau surgir de l’injuste oubli et du silence.

 

 

Claude Sicre, Jean-Marc Buja : mon premier est membre fondateur et principal animateur du (désormais légendaire) groupe de ‘trobarmuffin’ les Fabulous Troubadours ; mon deuxième est éditeur et directeur de la revue associée, la Linha Imaginot, qui dans le quartier Arnaud Bernard de Toulouse encore de nos jours garde vivante la flamme et entretient la mémoire vive de la Commune de Toulouse.

 

Sarenco de Goita, Blaine de Ventabren, Antoine Simon, Jean-Marc de Samie, Serge Pey, Guglielmi, Ma Desheng, Adonis, Haroldo de Campos, Hawad de l’Aïr, Negri, Umberto Eco, Bruno Etienne, Robert Lafont, Edgar Morin, Jacques Rubaut, Felix Castan, Michel Roquebert, Jean-Marie Carlotti, Tatou, les Asian Dub, Gérard Zucchetto : poètes, intellectuels, historiens, performance artists, chanteurs, photographes, de différents pays, vivants ou morts, lesquels, selon mon gré (les connaissant tous plus ou moins), se trouvent au sens symbolique et conceptuel, dans ce remake parodique de la fameuse Bataille des Sept Arts, dans la filiation de la cause de Toulouse, c’est-à-dire du côté du métissage et de l’ouverture sur une autre Europe.

 

Avignonet : château de la ville du même nom, située dans le Lauragais, ‘qui domine de ses vestiges la route N 113’, comme l’indique les indications du Syndicat d’initiative du même lieu, où dans la nuit du 28 au 29 mai 1242, ayant chevauché à bride abattue depuis le pog de Montségur, une troupe d’une cinquantaine de chevaliers sous le commandement de Pierre-Raimon de Mirepoix, avec la complicité du seigneur du lieu, Raimon d’Alfaro, beau-frère de Raimon VII de Toulouse, firent irruption de nuit dans la grande salle et exécutèrent sommairement les inquisiteurs Guillaume Arnaud et Etienne de Saint-Thibéry avec leur suite de clercs et de notaires – onze personnes au total – en représailles de l’harcèlement constant et de l’oppression toujours aggravée que ceux-ci faisaient subir à la petite noblesse et au peuple. Il n’y avait donc pas de neige, et ni ‘le Comte Roux’ (Raimon-Roger de Foix), ni son fils naturel Loup de Foix n’étaient de la partie. C’est pourtant ainsi que je l’avais ‘vue’, cette scène, au moment où, il y a bien des années, dans l’ignorance à cet égard seulement de la stricte vérité historique, j’ai écrit.