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L'Entrebescar

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L'Entrebescar n'est pas exactement une troupe, mais un Ensemble, une rencontre au sens fort, de professionnels divers. C'est-à-dire, un vecteur de convergence, un champ de résonance et d'agencement inspirationnel entre artistes, voire entre groupes ou troupes d'origine et de discipline variées : théâtre, rap, slam, reggae, dub, chant et musique médiévaux, vidéo (de scène, dans le cas présent). Ses maîtres-mots, ses mots-clés, sont : transversalité, entre-écoute, co-création, pluralisme et juxtaposition des approches, contagion fractale, synergie. Son but est de mobiliser le plus grand nombre de pratiques et de savoirs-faire afin de mettre en mouvement un événement propre à déborder les modes, les catégories et les calibrages trop routiniers et trop vite convenus (y compris les plus 'nouveau genre') et ainsi d'ouvrir, en les prenant à rebours, à contre-pied, les corps et les esprits à des émotions inédites, censurées ou oubliées. Il nous a semblé notamment qu'entreprendre un travail de mémoire et de remise en "une" de la Croisade dite des Albigeois n'en réclamait pas moins : s'approcher autant que possible du "spectacle total" afin de redonner sa pleine dimension à cet incontournable huit-centième anniversaire encore actuellement en cours.

L'Entrebescar n'est pas non plus seulement une organisation ou un dispositif scénique, mais une approche global de l'art, une méthode, voire un paradigme de pensée. Il s'agit d'agencer, de faire cohabiter de façon non-linéaire, mais aussi savamment agencée que possible, les langues, les sons, les techniques artistiques, les styles et les genres : le tragique avec l'humour, le lyrique avec le burlesque, la réflexion avec l'émotion, la narration avec le montage chaotique, la tradition avec l'avant-garde, le français avec l'occitan, le passé avec le présent. Cette approche et cette méthode sont en effet directement inspirées par les grands Trobadors de l'Occitanie médiévale. Ils faisaient partie de leur état d'esprit, de leur poétique et du vocabulaire technique de leur versification. C'était même au cœur de leur 'tradition du nouveau': l'art constamment renouvelé d'étroitement entremêler forme et fond, dissonance et consonance, mots et musique. Il s'agissait en fait à la fois d'une approche de l'amour, voire d'un art savant d'aimer, et d'une certaine façon d'agencer, de "marier" mots, sons, hémistiches, rimes et enjambements à l'intérieur d'une même strophe et de strophe en strophe (en "tête-à-queue" - capcaudada - ou en "farandole" - capfinida...). C'était aussi sans doute là une façon de penser et de faire indissociable de l'art mnémotechnique de performance des exécutants ou joglars (jongleurs), une certaine manière "d'envoyer la sauce" comme on dit aujourd'hui des DJs et des rappeurs. Comme le chante le Trobador Bernard Marti (Occitanie, XIIe siècle):

C'aisi vauc entrebescant
los mots e.l so afinant:
lengu'entrebescada
es en la baizada.

Car ainsi je vais agençant
les mots et la musique affinant
comme est entremêlée
la langue dans le baiser.

Bref, tout un programme, et pas des moindres, que nous essayons d'incarner et de faire revivre aujourd'hui !

 


Direction artistique, texte > Patrick Hutchinson

Mise en Scène > Gregory Nardella

 Interprétation théâtrale > Gregory Nardella, Marc Pastor, Hugo Scott, Sandrine Clémençon,
Aurélie Turlet, Eric Colonge

Rap, Rap occitan, Dub Reggae > Mauresca Fracas Dub

 Guitare, guitarina, mandole > Marc Bellity

 Slam > Yellow

 Dub raggae > Jo Corbeau

 Images, projections vidéo > Renaud Dupré, Piget Prod

 Régie générale, lumières > Marc Lemaine

 Production, administration > Quai Griolet Productions

 Communication > Cécile Iwahara