A+ A A-

Les statuts de Pamiers de 1212

Fil_de_fer

Les statuts de Pamiers, adoptés le 1er décembre 1212 (il y a 800 ans, donc) par Simon de Montfort, constituent une importante pièce historique. Pourtant, trouver leur texte sur la Toile n'est pas une tâche évidente. La seule source accessible que j'ai pu trouver est la digitalisation d'un ouvrage de 1841 (Etudes Historiques et Documents Inédits sur l'Albigeois, le Castrais et l'ancienne diocèse de Lavaur, de Clément Compayré) qui contient l'original latin ainsi qu'une traduction française. Voir, par exemple, sur Gallica : http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-28984 , page 496 et suivantes.

Suit la traduction française des statuts de Pamiers tirée de l'ouvrage de Clément Compayré. Le caractère antisémite de la Croisade Albigeoise apparaît très clairement à la lecture de l'article :

Nul croyant d'hérésie, quoique réconcilié, ne peut être prévôt, bailli, juge, assesseur du juge ou avocat, ni admis en témoignage. Il doit en être de même pour le juif ; celui-ci cependant pourra être entendu en témoignage contre un autre juif.

Lire la suite

La ‘Croisade des Albigeois’, Marseille et l’Euroméditerranée

Patrick Hutchinson

Croisade des AlbigeoisFeindre d’ignorer l’importance de la Croisade des Albigeois pour Marseille, c’est faire l’impasse sur une des articulations les plus importantes de l'histoire de la ville phocéenne, et faire bon marché de tout un pan de son identité.

S’agissant de la huit centième anniversaire de la Croisade des Albigeois, faire mine de croire – ou de faire croire – que ni la Provence, ni Marseille ne seraient vraiment concernées par ce carrefour historique majeur, c’est faire bon marché d’un certain nombre de réalités historiques – et même géopolitiques – essentielles, trop souvent ignorées ou passées sous silence.

Il s’agit sans doute là d’un problème d’optique ou de perspective découlant de la surimposition de schismes et de partitions cartographiques, politiques et culturelles relevant d’époques bien plus récentes, en tout cas postérieures aux ‘grand siècle’ méridional des XIIe, XIIIe siècles.

En premier lieu, c’est faire bon marché, au nom de taxinomies étroites sans doute dictées par les histoires nationales - l’opposition somme toute artificielle entre ‘cathare’ et ‘patarin’ ou ‘gibelin’ par exemple – de cette première véritable ‘Euroméditerranée’ depuis l’antiquité que fut au début du treizième siècle l’esquisse d’une alliance méditerranéenne inouïe en double arc de cercle entre Aragon-Barcelone, Toulouse, Arles, Avignon, Marseille, la Provence d’Empire, les Deux Siciles, le royaume de Jérusalem de Frédéric II, puis les sultanats ayyoubides d’Alep, de Damas et du Caire, avec le califat almohade du Maghreb et d’Al-Andalus.

Lire la suite

‘Negotium pacis et fidei’ et /ou « Pays exposé en proie»...?

Michel Roquebert

stgilles10

Le récit désormais ‘classique’ des événements par le maître historien de la Croisade et auteur best-seller de L’Epopée Cathare et Les Cathares

L'armée se rassembla en Bourgogne au printemps 1209 et descendit la vallée du Rhône, sous la conduite du chef de la légation pontificale, Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux. Sa mission était claire: mener à bien le negotium pacis et fidei, l'affaire de la Paix et de la Foi, nom offiiciel de la croisade - la notion de paix incluant non seulement la paix civique, qu'on estimait violée par les trop nombreux routiers qu'entretenaient les grands féodaux, mais la « paix des âmes » troublée, bien entendu, par l'hérésie... Les moyens à mettre en oeuvre étaient simples: obtenir des seigneurs et des consulats urbains des serments garantissant à la fois la paix civique, par le renvoi des mercenaires, et la paix des âmes, en chassant les hérétiques et en prenant les armes contre leurs protecteurs. Refuser de « jurer la paix » serait se dénoncer comme complice d'hérésie, passible donc d'arrestation et de confiscation des biens - ce pourquoi l'armée des croisés, précisément, se trouvait là.

Lire la suite

« Tuez-les tous ; Dieu reconnaîtra les siens.»

Fernand Niel, Réné Nelli

Em_pnico_e_resolvida_a_preservar_a_f_apostlica_a_Igreja_institucional_caiu_na_infeliz_armadilha_de_corrigir_um_erro_com_outro_erro_a_Cruzada_Albigense._Foi_decretada_por_Inocncio_III_em_1208Les questions et les controverses qui entourent le Sac de Béziers (22 Juillet, 1209) ne datent pas d’aujourd’hui. Suffit déjà à nous le rappeler le fait que, en dépit de plusieurs décennies de recherches savantes, ce texte des années 1960, apparamment écrit à quatre mains (non signé, sans attribution directe) par deux pionniers extra- (ou para-) universitaires de l’Histoire du Catharisme et de la Croisade, depuis lors resté inédit, n’a pourtant rien perdu ni de l’urgence de son actualité, ni de son acuité critique sur les questions essentielles.

Béziers occupe une place tristement célèbre dans l'histoire de la croisade contre les Albigeois. La plus ancienne cité de France fut, en effet, le théâtre de l'épisode le plus effrayant de cette croisade et, peut-être aussi, l'un des plus poignants de l'histoire de l'humanité, pourtant riche en événements de ce genre.

Lire la suite

Extraits

Nothing to show. You must configure the data source of the widget.